Chronique d'une mauvaise idée

Discussion dans 'Livres, BD, Manga, Anime' créé par fados, 1 Juin 2005.

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    fados ex membre
    Pour ceux qui s'ennuyent et n'ont rien de mieux à faire uniquement.
    J'avais écris cette nouvelle pour un concours mais bon mnt que je sais que je ne suis pas repris autant en faire profiter aux ennuyés.



    J'avais perdu mes rêves et décidé de mourir.
    J'étais assis sous un arbre le jour où cette idée m'avait foudroyé.
    Ma tête était appuyée sur une branche, je regardais le ciel à travers le branchage protecteur et majestueux d'un marronnier.

    J'attendais.

    Sans vraiment en être conscient je fermai les yeux, les sensations habituelles me quittèrent tout doucement. Je sentais ma respiration se faire de plus en plus discrète, je ne sentais plus ni mon corps, ni le monde alentour; tout me parut si lent, j'étais pétrifié, sans comprendre je me laissai porter par cette vague de silence.
    Blanc, tout était blanc, mes sens ne me rendaient que du blanc, je commençai doucement à comprendre ce qui m'arrivait...


    Je ne sais dire combien de temps j'étais resté dans cet état, mais en me réveillant les choses avaient changé. Je n'étais plus sous un arbre mais assis sur un banc, face à un bâtiment qui me semblait familier. C'était un hôpital.
    Comment pouvais je le dire?
    Comme on peut reconnaître certaines personnes dans les rêves sans qu'elles n'aient leur apparence.
    Quelque chose m'intriguait en cet instant. Je n'avais plus vraiment de sensations, tout ce que je croyais sentir n'était qu'impression; l'impression du vent sur la figure, de sentir les fleurs alentour, de toucher le banc sur lequel j'étais assis.
    Tout ce qui m'entoure m'est inconnu, et pourtant, je n'ai pas peur.
    Je me sens bien ici.

    C'est comme si, pour la 1ere fois de ma vie je sentais le silence. La plénitude, enfin.
    Toutes ces années passées en vie, mon Dieu tout cela me semblait bien vain maintenant. Je me rappelais de tout, de tout ce qui fait une vie; de mes amis, de nos rires, de mes amours, de mes tristesses.
    C'est à ce moment là, que pour la première fois depuis que j'étais ici me venaient des sensations humaines, la nostalgie et le regret.
    Maintenant je commençais à prendre conscience de ce que j'avais fais.
    J’aurais pleuré si ce que j'étais devenu me l’avait permis.
    J’avais trouvé un endroit qui me plaisait, un état qui m'enchantait.
    Mais c'était ici que je trouvais la plus grande tristesse et le plus de regrets.
    J'étais plongé dans une noire mélancolie quand, sans que je ne le remarque, un personnage s'est approché de moi...

    Ce n'était que Raoul, un ami d'enfance.
    -Salut, çà fait longtemps, me dit-il
    Sans me laisser le temps de répondre il m'emmena près d'un étang non loin de là où nous nous trouvions.
    Le temps semblait passer étrangement; le présent, le passé et le futur se mêlaient dans une valse effrénée de paroles sans but, sans intention.
    Raoul me fit oublier toutes ces sombres pensées qui m'avaient traversées, comme si notre complicité n'avait jamais souffert du temps passé. Et pourtant il était mort depuis bien longtemps maintenant.
    Après lui vinrent toutes les autres personnes qui me fument chères; Valentine, Pierre et même Vincent. Avec qui je n'avais plus parlé depuis une futile dispute d'étudiant.
    Ainsi de suite, je revis ceux qui avaient contribué à faire de ma vie une mélodie emplie de sens.

    Puis je fus à nouveau seul, comme pour me laisser le temps de penser. Ce que je fis. Les souvenirs continuaient d'affluer sans cesse mais par dessus tout j'avais l'impression de comprendre que ma vie n'avait pas été vaine, que j'aurais pu continuer.
    Voir d'autres couleurs et continuer ma route avec les vivants, était ce trop tard? Je n'en savais trop rien, je pensais savoir où je me trouvais. Au bout du chemin sans retour.


    Blanc, tout était blanc, pourtant je sentais cette désagréable sensation de lourdeur.
    J'étais revenu, couché au milieu de cette sphère blanche et insonorisée dont j'avais moi-même élaboré les plans.
    Je sentais à nouveau l'âpre goût de la salive dans ma bouche, le pire était probablement ce manque de liberté accordée à mon esprit.
    Le manque m'envahissait, manque de légèreté, manque de liberté. Et puis sentir tous ces membres engourdis, que peut il y avoir de plus désagréable après pareil voyage.

    Enfin le sas s'ouvrit, la voix de mon assistante se fit entendre :
    "Tout va bien?"
    Sans répondre je me levai et rejoignis le sas grâce à la passerelle qui venait d’apparaître.
    J'enfilai ma veste et entrepris de faire quelque pas, la réalité m'étouffait encore mais j'étais heureux d'être revenu.
    Peut-être penserai je à téléphoner Vincent. Oui, peut-être.

    C'est à ce moment là que mon assistante rentra avec son habituel air perplexe et effrayé face à mes expériences.
    "Pensez vous vraiment que simuler la mort soit intéressant? "
    Qu'est ce qu'elle m'énerve cette pimbêche...
    "Oui, je pense que si un être humain peut vivre la mort, sans savoir que ce n'est qu'une illusion, il s'en trouvera libéré d'un poids."
    "Cette machine à donc pour but de supprimer la hantise de la mort?"
    "En effet, et elle dirige l'inconscient du patient pour qu'il puisse vivre les regrets post-mortem. L'avantage étant qu'en revenant il pourra apprécier la vie avec une saveur nouvelle. Tout du moins je l'espère..."
    "Mais si le cobaye sait que ce n'est qu'une simulation ?!?"
    "Justement, le déroulement doit rester totalement secret. Pour en être bien certain j'ai utilisé certains produits qui ne laissent qu'une impression, mais aucun souvenir. Ainsi le poids de la mort serait enlevé et le secret préservé.
    En tout cas je peux vous dire que tout se passe très bien, l'immersion est immédiate et totale, j'ai même failli m'y laisser prendre."
    Elle afficha un sourire presque effrayé, je l'effrayais sûrement avec mes idées macabres. Elle s'en retourna à son bureau.

    J'entrepris de faire quelques notes, après tout je suis un scientifique, même si beaucoup pensent que mes travaux ne sont pas dignes d'Elle.
    Mais le silence m'interrompit. C'était comme un appel, J'eus un frisson et des réflexions étranges traversèrent mon esprit.
    Que feraient les hommes de mon invention? Un moyen de créer une société remplie de bœufs délestés du poids de la mort? Peut-être même un moyen de les endoctriner, l'inconscient est tellement façonnable dans cet état de liberté. La carotte même de l'existence n'est elle pas la mort? Pourquoi continuer à lire une histoire si l'on en connaît déjà la fin?
    Peut-être qu'une société sans le poids de la mort serait plus libre, que les hommes vivraient plus heureux, encore cet esprit utopique qui me reprend. Le doute m'étreint, durant quelques secondes j'en eu le souffle coupé. Qu'avais je inventé?

    Blanc, tout était blanc, je me suis évanoui. Le plafond face à moi semblait tourner en une spirale infernale, comme s'il voulait m'aspirer.
    Encore cet appel qui me vidait de toute volonté, je voulais le suivre. Oui, le suivre. Mais où? La réponse me fit trembler.
    Qu'avais je inventé?

    Rouge, mais d'un rouge sombre, une sorte de porto condensé. On a beau avoir l'habitude dans ce métier; jamais la vue du sang ne laisse indifférent, surtout en de telles quantités.
    "Alors que s'est il passé ici?"
    Mon assistant releva la tête puis me dit : "Apparemment cet homme à assassiné son assistante avant de se donner la mort. Il a même pris le temps de détruire une série de documents et de saccager une pièce là-bas. Impossible de savoir ce qu'il se passait ici, seul Mr Pandore et son assistante en avaient connaissance."
    "Avait il un mobile? On ne détruit pas 2 vies et des années de recherches pour rien tout de même! "
    "Pour l'instant rien, il n'y a que cette inscription sur le mur là-bas"
    "L'APPEL ETAIT TROP FORT ! "
    "Je me demande ce que cela signifie..."
    "Ces scientifiques sont tous un peu fou."
    fados, 1 Juin 2005
    #1
  2. Offline
    Vorsarius Yeah well..
    très bonne idée de départ, mais tu ne l'exploite pas suffisament à mon goût; tu pars trop dans les pensées du docteur, or dans une nouvelle ça me parait peu intéressant: on ne sait rien sur lui, difficile de le suivre donc.. la fin est bien mais IMHO elle donnerais mieux au début, histoire de mettre un peu de suspense... :p
    Vorsarius, 1 Juin 2005
    #2
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    Doctor Shen Touriste
    j'ai bien aimé :)
    Doctor Shen, 1 Juin 2005
    #3
  4. Offline
    pas mal du tout, meme si ce n'est qu'un délire ça soulève quelques petites questions :wink:
    Alucard, 1 Juin 2005
    #4
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    II phl II Touriste
    Agréable à lire en tout cas, et bien ficelé
    II phl II, 1 Juin 2005
    #5
  6. Online
    fados ex membre
    c'est déjà gentil d'avoir lu :wink:
    le fait qu'on ne sache rien véritablement sur lui c'est voulu
    et pour si jamais le fait que certaines choses sont difficiles à comprendre ou floues c'est fait exprès.
    Ben merci les gars sérieux ca m'étonne que des gens aient perdus leur temps à lire et qui de plus est à apprécier.
    bisous
    fados, 1 Juin 2005
    #6
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