La passion du Christ - Réflexion sur la religion?

Discussion dans 'Cinéma' créé par Kaman, 9 Avril 2004.

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    Kaman Elite
    Je ne sais pas si je fais bien de faire un deuxième thread sur le sujet mais je préfère le mettre en drehors de l'autre vu qu'il y a des choses qui n'ont rien à voir avec le film en lui-même je préfère ne pas pourir le thread de Stefany, qu'un modo verrouille si c'est ce qui lui semble le plus juste, après tout je prends un risque...

    ______________________________________
    Si je devais qualifier ce film en un mot ce serait: Chef d’œuvre.

    Oui, j'ai adoré ce film!

    Premièrement le visuel est tellement génial qu'aucune image sur deux heures de métrage n'est à jeter, on a l'impression que ce film n'est constitué que de tableaux de maîtres!

    Deuxièmement l'ambiance sonore, aussi bien la musique que les dialogues, est parfaitement nuancée. L'utilisation de langues mortes n'est pas dénuée d'intérêt, elle permet une plus grande authenticité et si on y prête attention on remarque quelques subtilités du fait de l'utilisation de deux langues différentes. Et la musique vaut plus que le détour, sans exagérer aucunement, la musique à elle seule aurait pu justifier l'absence de dialogues (grâce à la prestation remarquable des acteurs bien sûr).

    En parlant des acteurs...Jésus de Nazareth en particulier, je ne vois aucun mot pour qualifier une prestation aussi remarquable, son silence est tellement éloquent que j'en suis resté bouche-bée et ai poussé ma réflexion sur le sens de sa vie plus loin que je ne l'avais jamais fait auparavant! Le personnage de Ponce Pilate est également criant de vérité car il représente à lui seul toute l'injustice et l'incompréhension de cette torture. Les apôtres sont, eux aussi assez représentatif de ce tiraillement entre le "bien" et le "mal", il est impressionnant de voir à quel point leur psychologie est mise en avant et est authentique.

    Quant au débat qui entoure ce film concernant le rôle des juifs dans l'histoire je m'abstiendrai de dire s’il est justifié ou non car ma connaissance de la vie du Christ et des tensions religieuses à l'époque n'est pas suffisamment approfondie. Je me permettrai juste une remarque les concernant. En effet, si dans le film ce sont les juifs qui se sont senti trahis qui ont poussé à la condamnation du Christ il est clairement montré que ce n'est pas une majorité, que la plupart des juifs était pour la libération du Messie. Je crois que ce qui a enflammé ce débat c'est la scène où Ponce Pilate dit son fameux "Ecce homo" (voici L'homme) en présentant Jésus aux juifs qui ne désirent qu'une chose, sa crucifixion, or il n'y a là que les détracteurs. On verra à plusieurs reprises par la suite que les juifs ne pensent pas tous de la même manière.

    Autre controverse qui entoure le film : la violence. La question que se posent la plupart des spectateurs est de savoir si elle est justifiée. A mon sens la réponse est « oui », oui elle est justifiée. Bien que la flagellation du Christ dure 20 minutes je ne la trouve pas gratuite car non répétitive, il est clair que ça choque et à vrai dire ça m’a marqué au plus profond de moi-même. Je ne vais pas épiloguer sur l’histoire en elle-même mais encore une fois la psychologie des personnages, aussi bien les bourreaux que Ponce Pilate est impressionnante d’authenticité, à aucun moment ils ne tombent dans les stéréotypes de la violence.

    Après un tel épanchement sur la forme il est temps de passer à l’histoire en elle-même. Bien sûr tout le monde connaît, ne serait-ce que dans les grandes lignes, le calvaire enduré par le Christ dans ses dernières heures. Mais Mel Gibson nous fait là une superbe démonstration du fait qu’une histoire peut-être racontée de cent façons différentes (un peu à l’instar de Big Fish…) et rester cohérente à chaque fois. Sa vision des évènements est vraiment bluffante, comme s’ il avait lui-même assisté au déroulement de l’histoire.

    Ce film m’a donné envie d’en savoir plus sur la vie du Christ et le pourquoi de sa crucifixion, car j’avoue que pas mal de choses m’ont échappé du fait que je manquais de connaissances à ce niveau. Ce que j’en ai tiré, et là je m’éloigne du film en lui-même, c’est que si Jésus se dit fils du Père il ne dit pas une seule fois qu’il en est le seul fils. Selon moi lorsqu’il tend le pain et le vin aux apôtres en guise de corps et de sang il veut faire passer le message que nous sommes tous issus des mêmes origines, nous sommes tous les fils de Dieu. Une phrase que Jésus répète à plusieurs reprises me conforte dans ma conviction : « Pardonne-leur, ils ne savent pas », que j’interpréterais comme « pardonne-leur, ils ne savent pas…qu’ils sont eux aussi tes enfants ». Qu’on me corrige si mon interprétation est erronée mais j’essaie de combler mes lacunes en matière biblique…

    Une telle œuvre doit être vue au moins une fois dans sa vie, ne serait-ce que pour sa portée philosophique. Que Jésus ait existé ou non, qu’il ait accompli des miracles ou non je m’en fiche pas mal dans le fond car j’ai vraiment tiré une leçon de vie de ce récit : « Ma chair tu abîmeras, mon âme tu n’atteindras » c’est ridicule mais c’est une phrase qui m’est venue à l’esprit lors du chemin de croix.

    Que vous soyez croyant ou non, juif ou chrétien, cinéphile ou non, allez voir ce film et si vous n’aimez pas vous ne pourrez pas nier une chose : l’essence qui s’en dégage est incroyablement bouleversante.
    Kaman, 9 Avril 2004
    #1
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    n3tfusiOn Elite
    Ben mince .. j'aurais pu donner mon avis également si j'avais été le voir hier au ciné ... maiiis bon, manger du sous titre n'etait pas l'effet désiré hier alors voila ...

    JC, sois attentif, je reviendrai ! :)
    n3tfusiOn, 9 Avril 2004
    #2
  3. Offline
    Vixa Touriste
    ca doit etre un bon film mais ils ont pas respecté totalement la realité...
    par ex : les clous ne se plantent pas dans la main mais en dessou du poignet, entre le radius et le cubitus...car si ct ds la main elle se dechiqueterait apres quelques minutes...je sais que c'est un detail mais bon... :roll:
    idem pour la croix, il n'a jamais porté la croix entiere lors du chemin de croix, c impossible...il a juste transporté la poutre horizontale de la croix...la partie verticale etant deja plantée ds le sol!
    sinon ca a l'air pas mal, je vais aller voir s'il ya pa dotr pti defo ( car ceux la g vu ke ds le trailer )
    Vixa, 9 Avril 2004
    #3
  4. Offline
    THiBOo Elite
    T'y étais ? :D

    Nan plus sérieusement, il ne faut pas oublier non plus hin, que la Bible a été modifiée à de nombreuses reprises hin :)

    D'abord "écrite" séparémment, 4 apôtres ayant écrit les 4 évangiles, ensuite sont venus se greffer l'ancien testament ( faut dire aussi que au début la bible était racontée, du moins l'ancien testament avant que qqn décide de tout écrire ), il faut pas oublier non plus qu'elle a été traduite à de nombreuses reprises et une erreur de traduction est vite arrivée, ensuite il ne faut pas oublier qu'au moyen-âge la bible a été modifiée pour le bien être des hauts représantants de l'Eglise ...

    Bref ...

    Ton analyse est très bonne Kaman et tu me sembles être qqn d'intéressant :)

    J'aime bien la vision que tu as des choses :)

    Sinon bin j'irai p-e le voir après Big Fish et Maitre de jeu :)
    THiBOo, 9 Avril 2004
    #4
  5. Offline
    Atomicboy ex membre
    LIT LA BIBLE , si tu veu appronfondir la chose. Car le film toffre une seul vision des chose et je ne mavance pas trop en disan kel reste tre classique meme si cest bien fai (Gibson ne s'est jamaio demarque pour la profondeur psychologique et la capacité de reflexion e ces perso ..)
    Franchement la bible te donnera deja 4 version (4 évangile) ce ki te permettrai de pouvoir les compare, ensuite cest un text ki est tre neutre docn tu nest pa aveugle par des apriori et ta reflexion nen sera ke meilleur fin sur ce bonne lecture (ps lancien testament cest pa mal non plu.

    PS : avi aux membres de cultes de tout poil, il ne fau pa etre chetien pour lire la bible ... elargisson nos horizons :)
    Atomicboy, 9 Avril 2004
    #5
  6. Offline
    THiBOo Elite
    Faut aussi avouer que lire la Bible c'est chiant et pas qu'un peu hin :pfiou:

    Jsais de quoi jparle j'ai du la lire :pfiou:
    THiBOo, 9 Avril 2004
    #6
  7. Offline
    Atomicboy ex membre
    DONT FORGET IT !!!!!
    la croi est symbolique, les clou dan les main ces symbolique , ...
    des foi il est interessan dalle un peu au dela de la realite .. cest souven tre enrichissant.
    Atomicboy, 9 Avril 2004
    #7
  8. Offline
    Atomicboy ex membre
    ba cest un peu comme tou ca depen comment tu laborde, tu peu prendre kke texte comme par exemple la passion du christ si presen prepare ta lecteur avec kke ouvrage anexe pour develloppe des grille de lecteur ensuinte tu tattaque au texte et enfin tu en discute pour elargir tes interpretation .... vla ce ke je frai en gro
    Atomicboy, 9 Avril 2004
    #8
  9. Offline
    Atomicboy ex membre
    erf avant que kelkun dotre ne me le fasse remarque je sai que je devrais aprendre a écrire avec moins de fautes ... dsl :burp:
    Atomicboy, 9 Avril 2004
    #9
  10. Offline
    MonsieurJeanGuy ex membre
    Un film à ne pas voire! (désolé de ne pas aller dans ton sens car ton post est bien fourni).

    Plusieurs raisons:

    Crédibilité: l'utilisation de l'araméen (si je ne me trompe pas) et du latin donne une crédibilité au film qui est assé désagréable. En effet, les spectateurs vont tous se dire "quel soucis du détails" et donc prendre tout ce qu'on y montre comme vrai. Alors que comme il a été souligné plus haut il y a pas mal d'éléments faux (la croix portée notement).
    Donc d'une part, le film n'est pas conforme aux traces de la réalité de l'époque (bible entre autre) et d'autre part quelle est la crédibilité à accorder à ce qui est mis dans la bible...
    Un exemple concret et de tous les jours: si il y a une manifestation, la police dit 1000 participants, le syndicat dit 2000 et la presse 1500...
    A l'époque c'était pareil, bein la bible ce sont les potes de jésus! Donc si il a ramassé 50 coups de fouets ils vont en marquer au moins 100. De plus, n'oublions pas que nous somme dans une culture du sud, avec une tendance à l'exagération (voire les pleureuses etc).
    DONC: un film fait par un fanatique religieu, qui exagère par rapport à une oeuvre de référence (la bible) qui elle même exagère... mais le pire c'est que ce film se donne des aires de vérité et d'objectivité.
    Mais en réfléchissant 5 seconde, à voire les tortures qu'il subit, il aurait du mourrir non pas 2 fois mais 10 fois!!!

    Raison et but du film: quel est le but avoué ou non avoué de ce film? Pas de réponse... Donc je me demande "que montre ce film?" Il ne montre qu'une chose, la soufrance et la torture de Jésus!
    Le message véhiculé par ce film est certainement ce que je déteste le plus dans la religion catho et chrétienne, c'est le "nous sommes tous coupables car nous avons fait souffrir le fils de dieu ou car il a souffert pour nous dison lui merci".
    Alors moi je dis non, je ne suis pas coupable, je ne m'excuse pas. De cette simple notion de redemption et culpabilité né toute l'hypocrisie de la religion catho qui décide que la masse est coupable alors prosternation, excuses à gogo pour la masse qui n'en fini pas de donner à l'église pour se racheter. Dans la vie il faut savoir ce qu'on fait, on est responsable de ce qu'on fait et c'est tout! Si on commence à ajouter des trucs bidons (la mort de qqn il y a 2000 ans!!!) alors plus rien n'a de sens. Donc d'une manière cette religion déresponsabilise certaines personnes car si on est responsable de tout, on est responsable de rien. mieux, la religion appuye ce flou puisqu'elle dit aussi que tout nous sera pardonné.

    Donc le trip des extremistes catho "jésus à souffert, demandons pardon" moi je dit non.

    De plus, je ne suis certainement pas pro juif, mais là dans le film c vrai qu'ils en prennent pour leur image.
    Mais bon d'un autre coté si les juifs sont assez cons pour se vexer...
    Si je vois un peplum avec des romains qui tuent des gaullois je ne vais pas aller crier au génocide anti belge!

    Enfin violence, violence, violence: le film ne montre que la soufrance faite à Jésus. C'est cru, c'est violent, rien n'est caché ni épargné. 75% des scènes du film sont des scènes sanglantes, crues et cruelles! C'est beacoup et dès lors on en revient à la question "pourquoi montrer cette violence?" pour faire passer quel message? appuyer quelle thèse?
    On ne peut pas dire que c'est juste pour montrer un passage de sa vie car il y a beaucoup d'autres passages très intéressants et instructifs...

    Je regrete d'avoir vu ce film et d'avoir apporté de l'argent à une bande d'intégristes!

    Un film qui ne peut amener qu'à la haine ou la soumission... encore une foi, Jesus est le thème central d'une interprétation qui est loin des valeur que lui appliquait!

    Echec total!
    MonsieurJeanGuy, 9 Avril 2004
    #10
  11. Offline
    Kaman Elite
    C'est bien de voir qu'il y a des avis opposés mais encore une fois je le dis, ma vision est très restreinte et pour l'élargir je vais me documenter sur le sujet, notamment en lisant la bible parce que bien que je ne sois pas chrétien ça m'interresse fortement.

    Ah oui concernant la remarque sur les autres rôles de Mel Gibson...hum hum Schwarzenneger il a déjà fait un rôle intellignent? non, et pourtant il est diplômé en philosophie et j'ai déjà vu pas mal d'interview où il démontre qu'il est loin d'être con. Pour en revenir à Mel, je crois que tu n'as pas dû voir Braveheart ou encore The patriot pour lâcher de tels arguments...

    Que la vision de Mel Gibson soit exagéré, erronnée ou carrément fantaisiste je m'en fous pas mal, ce que je qualifie de chef d'oeuvre c'est le film en lui-même et même si son histoire est complètement à côté de la plaque elle a le mérite d'être fichtrement bien fichue.
    Kaman, 9 Avril 2004
    #11
  12. Offline
    noLain www.wearewise.be
    un bon film qui respecte certains details d'un coté et qui se detourne (volontairement) de l'histoire d'un autre,
    c'est "la dernier tentation du Christ". allocine

    un bon film, .. a voir .., mais a ne pas prendre au pied de la lettre.
    noLain, 9 Avril 2004
    #12
  13. Offline
    Nightfighter Elite
    Bah si tu veux vraiment voir un bon film sur la vie de Jesus, loue:
    Monty Python's The Life of Brian :D

    Bcp plus réel et historiquement correct :roll:
    Nightfighter, 9 Avril 2004
    #13
  14. Offline
    Kaman Elite
    Surtout le passage avec Enormus Vergus et les extraterrestres :D
    Kaman, 9 Avril 2004
    #14
  15. Offline
    -Hlz ex membre
    ta lu la bible ou pas? je croit que tu confond la bible avec de la literature epique genre "la chanson de roland" ou bah ouais ya exageration sans conteste

    (ouais bon jvais qd mem prendre ma bible verifier mais dans la passion ... ya pas d'exageration)

    dans la bible ya pas un mot, une virgule a jeter
    c genre une page tu px y reflechir pendant une heure entiere tellement c bourré de sens et de truc cachés

    alors un film? c'est juste une interpretation qui est reductrice par rapport a la source. donc faut aller voir la source principale => la bible

    Pour ce qui est des erreures de traduction... bah ya jamais vraiment des fautes "graves" si t puriste tu prend 2 traductions differentes et tu compare

    ca me refait penser au cours de religion tout ca ... jprefer les vacances qd mem
    -Hlz, 9 Avril 2004
    #15
  16. Offline
    Atomicboy ex membre
    de toute maniere une interpretation est tjr reductrice par rapport a sa source, cest pour ca kil y a 4 evangile comme je le repete
    fin pour revenir a ce ke vou disiez je croi kil fo voir ce kun realisateur veu faire du fric et prendre des idee populiste genre juesus a soufer ou faire kke chose de plu costau genre les convoyeur attenden en prenna le risque (ou plutot la certitude) de ne pa faire lunanimité et ainsi pouvoir faire avance les chose
    mai dun otre cote fo aussi de temp en temp lire ecoute ou voir de belle histoire (seigneur des anneaux) tou depen de ce kon recherche dan l'art (par ex classique/surrealisme)
    Atomicboy, 9 Avril 2004
    #16
  17. Offline
    Zaene *
    Pas d'exageration ??? :shock: :shock: Tu te fiches de qui ? Si je l'ai lue la Bible, (comme le Coran d'ailleurs), c'est un tissu d'exagerations et de mensonges, je connais peu de romanciers qui aurais osé raconter des "faits" aussi deformés. Les evangiles ont ete ecrits separements, il ont eté copier et copier et recopier...on y a ajouter et modifier tout ce dont l'eglise catholique avait besoin pour completer cette legende sur Jesus Christ dans l'unique but d'assoir sa domination sur les esprits simple.

    Ni plus ni moins.

    J'imaginait pas rencontrer un fanatique catholique encore vivant de nos jours dis donc ! :D :D :D
    Zaene, 9 Avril 2004
    #17
  18. Offline
    hehe PANCAKE !
    En effet, c'est tout le livre qu'il faut jeter. Y a plus de sens caché dans la liste des ingrédients sur une boîte de corn flakes que dans la bible...
    hehe, 9 Avril 2004
    #18
  19. Offline
    RBC9 Elite
    Just4Fun quand au sujet de la "véracité" des faits relatés par la bible.

    Source : LE MONDE | 06.04.04


    Les traces historiques de Jésus restent rares et fragiles


    Le film de Mel Gibson et l'émission d'Arte sur les débuts du christianisme relancent les polémiques sur la vie du Christ, sa famille, sa Passion et sa mort. L'exégèse et l'histoire mesurent le caractère partiel et partial des indices archéologiques autant que scripturaires

    À quelques jours de Pâques, dimanche 11 avril, la polémique sur le Jésus historique rebondit avec la sortie du film La Passion du Christ, de Mel Gibson, et celle du documentaire télévisé L'Origine du christianisme, à l'initiative de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, en dix épisodes depuis le 3 avril sur Arte. Les interrogations demeurent plus nombreuses que les réponses dans un domaine où les sources littéraires et archéologiques sont rares et fragiles.

    Son existence. Aucune trace archéologique connue ne vient corroborer les récits évangéliques de la vie de Jésus (Nouveau Testament) dans l'Israël du premier siècle. Et les indices sont très fragmentaires. Parmi les plus récents, une statue retrouvée en 1961 dans le théâtre de Césarée Maritime, capitale administrative de Judée, portant les noms de l'empereur Tibère et de Pilate, gouverneur de Judée (de 26 à 36), qui ordonna la crucifixion de Jésus. C'est la première preuve épigraphique de l'existence de Pilate cité depuis des siècles dans le Credo des chrétiens.

    Les sources littéraires sont plus nombreuses, mais d'origine chrétienne et donc sujettes à caution. La plus ancienne, la correspondance de l'apôtre Paul, les "épîtres", est adressées entre 50 et 58 aux premières communautés de convertis (Ephésiens, Corinthiens, Romains, etc.). L'Evangile de Marc est composé vers 65 à Rome : c'est le premier des quatre Evangiles canoniques (reconnus par l'Eglise). Suivent l'Evangile de Matthieu, écrit en Palestine entre 75 et 90, et celui de Luc, dans les milieux grecs de Syrie, entre 65 et 80. L'Evangile de Jean, le plus tardif, est publié entre 90 et 100, en Asie mineure. Mais ces témoignages de croyants ne sont pas des récits historiques.

    Les sources juives et latines constituent des données scientifiquement plus fiables. La première attestation écrite non chrétienne de l'existence de Jésus est celle de l'historien juif Flavius Josèphe, mort en l'an 100. Dans ses Antiquités juives, il rapporte le martyre de Jacques, "frère de Jésus, dit le Christ", un texte de 93-94 dont les critiques reconnaissent l'authenticité. A la différence d'un autre passage plus connu dont les savants estiment qu'il a été retouché par des scribes chrétiens : "A cette époque-là, écrit Flavius Josèphe, il y eut un homme sage nommé Jésus. Pilate le condamna à être crucifié et à mourir (...). Mais ses disciples racontèrent qu'il leur apparut trois jours après sa crucifixion et qu'il était vivant."

    Côté romain, Pline le Jeune, Tacite et Suétone parlent de Jésus ou plutôt de "Christ" (mot formé à partir du grec Khristos, qui veut dire "celui qui a reçu l'onction") à propos des démêlés des premiers chrétiens avec les autorités impériales. Légat de Bithynie (Asie mineure), Pline informe Rome, vers 112, de mesures prises contre ses disciples "qui chantent entre eux un hymne à Christ, comme à un dieu". Plus tard (vers 116), l'historien Tacite mentionne aussi dans ses Annales (XV, 44) la "détestable superstition (...) au nom d'un Christ que, sous le principat de Tibère, le procurateur Pilate avait livré au supplice". Les exégètes accordent plus d'authenticité au juif Flavius Josèphe, jugé plus neutre que les patriciens romains comme Suétone et Tacite qui n'avaient que mépris pour cette secte chrétienne venue d'Orient.

    Sa famille. En octobre 2002, un archéologue français, André Lemaire, a mis au jour un ossuaire sur lequel une inscription en araméen porte le nom de trois figures évangéliques : "Jacques, fils de Joseph, frère de Jésus". Mais en juin 2003, le département des antiquités en Israël rendait publiques les réserves des paléographes, des linguistes, des géologues et des archéologues : l'inscription est postérieure à l'ossuaire, dont la provenance est inconnue.

    Le Nouveau Testament atteste sans équivoque l'existence de frères et sœurs de Jésus : l'évangéliste Luc dit de Marie qu'"elle enfanta son fils premier-né", ce qui laisse supposer qu'elle eut d'autres enfants. Quand Jésus quitte son métier d'ouvrier du bois à Nazareth, son auditoire aussi s'inquiète : " Ta mère, tes frères et tes sœurs te cherchent"(Marc). Au nom du dogme de la virginité de Marie, les Eglises catholiques et orthodoxes ont toujours refusé de reconnaître des frères et des sœurs à Jésus. Les noms cités feraient partie d'une parentèle proche.

    En puisant à la fois aux Evangiles de Jean et de Marc, les Eglises soulignent la présence au pied de la croix du Christ d'une "sœur" de Marie, femme de Clopas et mère de Jacques et de Joset, qui ne seraient donc au mieux que les "cousins" de Jésus, appelés "frères du Seigneur" à la manière orientale. A l'époque, dans tout l'Orient, les enfants vivant sous un même toit étaient tous "frères", même s'ils n'étaient que de simples cousins. D'ailleurs, la Septante (traduction grecque de l'Ancien Testament, 150 avant J.-C.) emploie beaucoup plus souvent le mot "frère" (adelphos) que celui de "cousin" (anepsios).

    Sa mort. Les premiers témoignages écrits sur la mort de Jésus (vers 30-33) datent du milieu des années 50 chez l'apôtre Paul, premier auteur chrétien connu. Mais, dégageant surtout la portée métahistorique de l'événement (rédemption des péchés du monde), Paul est avare de détails. "La portée salutaire de ces faits importait plus aux premiers chrétiens que les contingences extérieures qui les ont historiquement provoquées", explique l'exégète François Bovon, professeur à la Divinity School de Harvard.

    La tâche des chercheurs est toutefois facilitée par le fait qu'avec beaucoup de différences les quatre Evangiles ont une structure identique : Jésus est livré aux chefs juifs, puis à la justice romaine ; il est exécuté sur une croix et ressuscite trois jours plus tard. Ces récits de la Passion sont à la fois apologétiques et missionnaires.

    Apologétiques : dans le contexte de polémique croissante avec le judaïsme (fin du premier siècle), ces récits évangéliques montrent la conformité de la mort de Jésus le Messie avec les écrits prophétiques de l'Ancien Testament. Ils tentent de répondre à l'incrédulité des juifs pour qui un condamné à mort, suspendu à une croix, loin de pouvoir être le Messie, est maudit par la Loi. Saint-Paul dira : "La croix, scandale pour les juifs, folie pour les païens."

    Missionnaires : pour convaincre les païens, précisément, les récits évangéliques tendent à disculper les Romains. Matthieu dépeint Ponce Pilate se lavant les mains. Luc le montre proclamant par trois fois l'innocence de Jésus. Jean décrit Pilate livrant Jésus aux juifs pour être crucifié.

    Son supplice. En 1968, à Jérusalem dans le quartier de Giv'at ha-Mivtar, des chercheurs israéliens ont mis au jour la tombe, datant du premier siècle, d'un crucifié nommé Johanan (Jean). De quoi préciser - sans certitude - la façon dont Jésus a été mis à mort. Les talons du crucifié étaient transpercés par un clou en fer de 17 cm, les jambes étaient fléchies, les tibias avaient été brisés.

    Les Romains faisaient subir la crucifixion aux condamnés des classes inférieures. Le supplicié devait porter la traverse (patibulum) et non la croix entière. Sur le parcours du gibet, les flagellations étaient courantes. Le condamné était déshabillé et ses vêtements partagés. Ses membres étaient fixés aux poutres par des clous : dans la partie osseuse de l'avant-bras, non dans la paume de la main, comme chez Gibson. Les tibias étaient fracturés avec une barre de fer pour accélérer la mort par asphyxie. Hormis les témoignages de ses disciples, aucune source non chrétienne n'évoque bien sûr la résurrection de Jésus.

    Henri Tincq
    RBC9, 9 Avril 2004
    #19
  20. Offline
    RBC9 Elite
    Un autre Article pour un peu réfléchir.

    Infirmité et grandeur de la Passion
    LE MONDE DES LIVRES | 08.04.04
    Plusieurs livres d'historiens explorent les énigmes et les contradictions des Evangiles, décelant, dans le mystère des origines chrétiennes, l'affirmation de la liberté humaine.
    JÉSUS ET SA PASSION de Jean Delumeau et Gérard Billon. Ed. Desclée de Brouwer, 164 p., 14 €.

    JÉSUS, L'HOMME ET LE FILS DE DIEU de Michel Quesnel. Flammarion, 232 p., 19 €.

    LES DERNIERS JOURS DE JÉSUS de François Bovon. Ed. Labor et Fides, 118 p., 15 €.

    LA PASSION DU CHRIST de Jacques Nieuviarts et Jean-Michel Poirier. Bayard, 96 p., 12 €.

    LE CHRIST, HIER, AUJOURD'HUI ET DEMAIN de Bernard Sesboué. Ed. Desclée de Brouwer, 86 p., 12 €.

    Que de livres pour la Semaine sainte ! Le personnage et l'héritage de Jésus fascinent l'homme moderne, croyant ou non. Deux mille ans d'histoire attestent de la permanence d'un génie et d'une foi qui, née au Proche-Orient, a traversé toutes les cultures et les générations, les classes et les races, inspiré des régimes politiques pour le meilleur et le pire, des avancées dans le progrès de l'humanité, comme des crimes défigurant la vision de l'homme que le christianisme a longtemps prétendu incarner et inspirer.

    L'intérêt pour Jésus croît avec le goût du retour aux racines, l'accès plus facile aux sources bibliques, l'approche moins idéologique d'une question chrétienne que les combats anticléricaux d'hier ont longtemps obscurcie. Mais la confusion actuelle de la recherche sur Jésus contraint les meilleurs spécialistes à sortir du silence. Comme s'ils s'étaient donné le mot en cette veille de Pâques, ils viennent rompre le monopole de l'interprétation que tentent de s'arroger des "fondamentalistes" du type de Mel Gibson ou des agnostiques amoureux des écritures bibliques, mais passées au seul crible de la raison critique, comme Gérard Mordillat et Jérôme Prieur dans leur série d'Arte sur les origines du christianisme (1). Entre l'intégrisme (catholique ou protestant) et le néopositivisme, il y a une voie à trouver, exigeante, compétente, raisonnable, ennemie de tout dogmatisme.

    Cette voie est explorée par des historiens et des exégètes aussi reconnus que Jean Delumeau, Michel Quesnel, François Bovon, Gérard Billon, Jacques Nieuviarts, etc., libres de tout préjugé idéologique, modestes chercheurs de la vérité. Ils s'adressent aux catholiques traditionalistes qui n'ont jamais accepté l'effort de réinterprétation des Ecritures entreprise à Vatican II (1965), à l'agnostique de bonne volonté indisposé par des siècles de glose, enfin au croyant moderne pour qui l'histoire et la science sont aussi le pain quotidien et qui rêve d'une foi délestée des surcharges dogmatiques.

    Il faut suivre, pas à pas, les enquêtes de ces spécialistes, menées avec chaleur et rigueur, sur les dernières heures de Jésus, son arrestation, son procès, sa passion, sa crucifixion. Ils admettent sans peine les infirmités des Evangiles, écrits quarante ans après les faits, par des propagandistes zélés de la nouvelle foi. Ils recensent les différences, voire les contradictions, entre des textes pluriels, seules sources officielles et, de ce fait, suspectes. Ils savent l'impuissance de la science historique à démêler des questions aussi essentielles que la date de la mort de Jésus, l'étendue des accusations portées contre lui, ou la responsabilité comparée des juifs et des Romains dans sa condamnation.

    Dans ces énigmes, dans cette incapacité de la science moderne à authentifier les récits de la Passion et cette permanence du mystère des origines chrétiennes, n'y a-t-il pas comme une affirmation de la liberté humaine, une validation de tout le travail d'interprétation des Evangiles qui distingue les textes chrétiens des textes juifs, reçus comme une loi intangible, ou de la lettre du Coran conçue comme d'inspiration divine authentique ? Un homme comme Jean Delumeau ne craint pas de l'affirmer : "Dans les Evangiles, il n'y a pas une voix unique que le lecteur serait tenté d'absolutiser. Si, pour la foi chrétienne, Jésus le Christ est Parole de Dieu, cette Parole unique s'atteint à travers des récits particuliers."

    CARACTÈRE IRRÉCUSABLE

    Tout en admettant leurs lacunes, ces exégètes et historiens démontrent le caractère irrécusable des premiers textes chrétiens comme écritures constitutives d'une tradition, fondatrices d'une liturgie et d'une morale encore valides pour l'homme aujourd'hui. Ils rappellent que les évangélistes, dont on ne sait presque rien, et l'apôtre Paul qui a laissé des épîtres - premières écritures attestées sur Jésus - sont d'une époque messianique où le discours théologique comptait infiniment plus que le mode narratif et chronologique, où la vérité et la matérialité des faits avaient moins d'importance que la croyance au Ressuscité.

    La science ferait-elle des découvertes spectaculaires qu'elle n'ajouterait rien à ce "kérygme", c'est-à-dire au noyau dur de la foi chrétienne des origines : l'incarnation d'un Dieu proche des hommes, sa mort, sa résurrection. On a dit, à propos de la brutalité du film de Mel Gibson, que son récit de la Passion était typique d'une époque d'hyperviolence où l'espérance semble close. Jean Delumeau s'inquiète aussi de l'actuelle régression chrétienne vers le dolorisme, la surdétermination de la faute et de la souffrance, l'occultation de la résurrection : "Nous nous étions libérés de la peur, nous y retombons", écrit-il.

    En ce sens, le petit livre du jésuite Bernard Sesboué semble une bouée de sauvetage. Sa méditation, brève et poignante, sur la foi dans une résurrection qui "transcende l'histoire", sur la croyance en un Dieu "déjà là" et un Dieu "pas encore", devrait retenir la lecture, au-delà des seuls cercles de fidèles.

    Henri Tincq
    RBC9, 9 Avril 2004
    #20
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